Disparition de Michel BERNARD, le parcours exceptionnel d’un ouvrier devenu champion : de l’usine aux Jeux Olympiques

C’est avec une profonde émotion que je viens d’apprendre le décès de Michel BERNARD.

Le Valenciennois est endeuillé par la disparition de l’un de ses plus valeureux représentants, figure attachante et emblématique du sport français.

Entré à Escaut et Meuse, à Anzin, pour subvenir aux besoins de sa famille, il découvre l’athlétisme dans le cadre de son travail. C’est à l’usine, en effet, que le futur co-détenteur du record du monde de relais (au côté de Michel JAZY notamment) s’engage dans la pratique assidue du sport. Une passion qui ne le quittera plus et qui l’emmènera partout en France, mais aussi à l’étranger, des Etats-Unis au Japon.

Débutant par des compétitions de cross inter-entreprises, il enchaîne ensuite les victoires, au plan national d’abord puis international. Il décroche ainsi pas moins de onze titres de champion de France individuels, sur la piste et en cross-country. Installé au sommet du demi-fond tricolore, il participe en 1960 aux Jeux Olympiques de Rome puis de Tokyo, quatre ans plus tard. Avec à chaque fois une qualification en finale.

Malgré une notoriété grandissante, jamais Michel Bernard ne se laissa griser ni détourner de ses efforts. Car « chaque matin, le dieu du stade revêt son bleu de travail », comme le soulignait Pierre DESGRAUPES, grand journaliste de l’ORTF.

Le parcours de Michel BERNARD illustre le rôle important des sections sportives au sein des entreprises. C’est dans ce cadre qu’il a pu révéler ses qualités d’athlète et de champion.

Joyeux, généreux, très fidèle en amitié, Michel BERNARD était un homme de valeurs, très attaché à sa commune d’Anzin qu’il n’a jamais quittée et dont il a été un élu pendant trois mandats.

Convaincu des vertus du sport, vecteur d’émancipation individuelle et collective, il n’aura eu de cesse de faire partager sa passion pour l’athlétisme, que ce soit dans le cadre de l’Union sportive d’Anzin qu’il avait créée, ou au travers de sa délégation à la jeunesse et aux sports, lorsqu’il était Adjoint au Maire de la commune. 

Sa disparition va laisser un vide immense dans le cœur des Anzinois et dans le monde sportif. Mais le manque le plus vif sera ressenti par sa famille avec qui il avait des liens très fusionnels.

Très peiné par cette nouvelle, j’adresse tous mes condoléances à son fils, Pierre-Michel BERNARD, Maire d’Anzin, à sa famille, ainsi qu’aux élus municipaux et à la population anzinoise.

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