Secteur social et médico-social : les travailleurs en souffrance

sages-femmes désarroi

Les travailleurs des secteurs social et médico­-social ont fait le choix de travailler auprès des plus fragiles. Exerçant dans des conditions dégradées, bénéficiant d’un salaire net moyen environ 25% moins élevé que dans les autres secteurs d’activité. Ils manifestent depuis plusieurs mois une profonde exaspération.

Il convient de donner suite aux demandes des acteurs des secteurs social et médico-social, salariés comme employeurs, qui sollicitent la mise en œuvre d’un plan national des métiers de l’humain, pour la revalorisation des professionnels en activité, pour le recrutement de nouveaux travailleurs sociaux et médico-sociaux afin de pourvoir aux besoins actuels évalués à 65 000 postes, pour la mise en œuvre de financements pérennes nécessaires à la continuité des suivis et accompagnements.

Monsieur le Premier Ministre,

La précarité, la maladie, la perte d’autonomie liée à la vieillesse, le handicap, la détresse affective et familiale … touchent un grand nombre de nos concitoyens. Et chacun d’entre nous ou l’un de nos proches peut être un jour affecté par un accident de la vie.

Aujourd’hui, ce sont quelque dix millions de Françaises et Français qui se trouvent en situation de vulnérabilité et qui ont recours à l’accompagnement des travailleurs des secteurs social et médico­social. Mais, ces femmes et ces hommes, qui ont choisi de travailler auprès des plus fragiles, manifestent depuis plusieurs mois une profonde exaspération.

Trop souvent, ces professionnels sont en sous-effectif, ce qui ne leur permet plus d’assurer au mieux leurs missions, ni de répondre aux demandes croissantes d’accompagnement. Confrontés à des conditions de travail de plus en plus violentes, psychologiquement, voire physiquement, en première ligne depuis les premiers jours de la crise sanitaire, les travailleurs sociaux et médico-sociaux se disent à bout, évoquent une perte de sens de leur métier, pourtant si essentiel à notre société.

Leurs employeurs, relevant le plus souvent du milieu associatif, sont solidaires et déplorent le manque d’investissement de l’Etat, dont les financements sont non seulement insuffisants mais aussi volatiles.

Dès lors, faut-il s’étonner que les métiers du social et du médico-social attirent de moins en moins de jeunes? Qui souhaiterait en effet s’engager dans une profession aussi passionnante qu’exigeante, dont les conditions d’exercice ne cessent de se dégrader et où le salaire net moyen est environ 25% moins élevé que dans les autres secteurs d’activité ? Et comment vouloir aider autrui lorsque l’on est soi-même en souffrance au travail, faute de moyens financiers et humains, sans réelle considération des autorités ?

Au fil des semaines, les travailleurs sociaux et médico-sociaux ont, à maintes reprises, exprimé leur colère quant au fait d’avoir été exclus de la revalorisation salariale enfin mise en œuvre pour leurs collègues de la fonction publique hospitalière. Il arrive ainsi fréquemment qu’au sein d’une même structure, des professionnels, exerçant les mêmes missions auprès de publics vulnérables, perçoivent une rémunération variable selon leur statut. Cela génère un climat délétère au sein de nombreux services et établissements.

Monsieur le Premier Ministre, je vous appelle à entendre le signal d’alarme des acteurs des filières sociale et médico-sociale.

Alors que les employeurs parlent d’hémorragie dans leurs effectifs et de leurs sévères difficultés à recruter des jeunes à l’issue de leur formation, il est nécessaire d’aligner par le haut les salaires de ces professionnels, qu’ils relèvent du droit privé ou de la fonction publique territoriale, elle aussi exclue du périmètre retenu dans le cadre du Ségur de la Santé. A travail égal, salaire égal, quels que soient les statuts!

Il y a urgence à rendre attractifs les métiers de l’accompagnement aux personnes les plus vulnérables. Il s’agit là d’un enjeu de société ! Dans cette perspective, il convient de donner suite aux demandes des acteurs des secteurs social et médico-social, salariés comme employeurs, qui sollicitent la mise en œuvre d’un plan national des métiers de l’humain, pour la revalorisation des professionnels en activité, pour le recrutement de nouveaux travailleurs sociaux et médico-sociaux afin de pourvoir aux besoins actuels évalués à 65 000 postes, pour la mise en œuvre de financements pérennes nécessaires à la continuité des suivis et accompagnements.

En vous remerciant de l’attention portée à la présente et dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’expression de ma haute considération.

Fabien Roussel,

Député du Nord      

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