Hauts-de-France, la CARSAT sur répondeur ?

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À Muriel Pénicaud, ministre du travail : 

Je me permets de vous alerter sur la situation intolérable vécue par les usagers et les salariés de la CARSAT Nord-Picardie. Depuis des mois, le réseau d’accueil de proximité, indissociable d’une mission de service public de qualité, disparaît progressivement au profit d’un recours abusif à la dématérialisation et à la centralisation des procédures. En clair, les assurés sont systématiquement invités à remplir leurs demandes via internet ou à contacter des téléconseillers, quand ils bénéficiaient jusqu’alors d’un accueil physique et personnalisé, proche de leur domicile.  Où est l’humain ? Comment répondre dans la proximité à des personnes qui ont travaillé toute leur vie et ne demande qu’à faire valoir leur droit au départ à la retraite ? Certaines doivent attendre plusieurs mois avant de toucher leur pension et doivent faire appelle à leurs enfants ou à la solidarité d’associations pour payer leur facture!
La colère monte et s’exprime dans nos permanence et dans la presse régionale. Les exemples sont édifiants, tel celui de M. J. L., incapable d’obtenir un conseiller en ligne malgré une centaine d’appels passés depuis le 19 mars, à tous les horaires, rythmés par le même message d’attente et invariablement sanctionnés par une coupure au bout de vingt minutes. « Comment faire pour obtenir des renseignements ? Il est regrettable que pour quelque chose d’aussi important que le suivi d’un dossier de retraite, on se sente impuissant », interpelle l’assuré, dont les deux mails sont par ailleurs restés sans réponse.
Ce constat d’échec fait écho aux dysfonctionnements déjà enregistrés entre 2013 et 2015 puis en 2017. Des milliers de futurs retraités avaient à l’époque été privés de pensions durant plusieurs mois. Or les mêmes causes entraînent les mêmes effets. Entre 2014 et 2018, la CARSAT Nord-Picardie a perdu 158 emplois, soit près de 10% de son effectif. Au plan national, 2 500 postes auront été supprimés au terme  des trois dernières conventions d’objectifs.
La modernisation des services publics est certes nécessaire. Mais elle doit se traduire par une meilleure prise en charge de tous les assurés, et non aboutir, comme c’est le cas actuellement, à l’exclusion d’une partie de la population, celle victime notamment de la fracture numérique. Où est l’efficacité quand le nombre de dossiers ne diminuent plus depuis deux ans, quand les demandes d’attestations de départ anticipé reste à un niveau préoccupant et quand l’externalisation d’une partie de l’activité de la plateforme téléphonique engendre l’allongement des délais de traitement et la colère des assurés ?
De plu, nous avons appris la non consommation de deux millions d’euros sur le budget 2017 de la CARSAT Nord-Picardie alors que les besoins sont criants ! Cette décision sonne comme une provocation aux yeux des salariés et des futurs retraités. Cette somme aurait ainsi pu être consacrée à des embauches pour répondre aux besoins de notre région. Au contraire, le projet mis en place par la direction réduit non seulement de manière intolérable l’accès au service public de la retraite, mais il dégrade également les condition de travail des salariés et revient sur leurs droits sociaux. D’où un sentiment d’abandon, doublé d’une colère légitime auxquels il est urgent d’apporter des réponses.
Madame la Ministre
Les habitants de notre région se sentent méprisés, abandonnés. Ils veulent aujourd’hui être entendus et respectés. C’est une question de dignité. C’est la raison pour laquelle je sollicite votre intervention rapide pour remédier aux problèmes subis par la CARSAT Nord-Picardie, leurs usagers et les personnels.
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