MDPH : les délais de traitement ne cessent de s’allonger !

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La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Nord est en panne. Un seul chiffre, accablant, suffit à traduire l’ampleur du malaise : 7000 dossiers sont en souffrance, non traités, pas même enregistrés.

La situation est à ce point préoccupante que la structure s’apprête à fermer l’accueil au public et à suspendre les demandes du 10 au 13 avril, au siège de Villeneuve-d’Ascq mais aussi dans les antennes de Valenciennes et Dunkerque. Une situation qui ne s’était pas produite depuis des années.

Depuis plusieurs mois, les délais de traitement ne cessent de s’allonger, pour l’allocation aux adultes handicapés notamment. D’où une exaspération, mêlée au désespoir, qui monte chez les familles touchées. Les raisons invoquées ? « Un épisode de ralentissement informatique », mais aussi des agents en arrêt maladie. Le signe d’un malaise grandissant, dû à une charge de travail devenue impossible à absorber.

Le constat est d’autant plus cruel que la MDPH du Nord, l’une des plus importantes de France, communique actuellement sur une évolution « plus moderne et plus réactive au service des Nordistes ». En réalité, le PHARE (pour Projet Horizon Amélioration Réorganisation) n’éclaire pas grand chose pour le moment. A l’inverse, la MDPH est plutôt plongée dans le noir, incapable de faire face à l’afflux de dossiers : 240 000 demandes traitées en 2017, soit une augmentation de 7% par rapport à 2016.

Face à cette hausse, l’insuffisance de moyens est flagrante. Le ratio employé-nombre de demandes dans le Nord est ainsi l’un des plus défavorables du pays, dans la droite ligne de la sous dotation dont souffre globalement notre région des Hauts-de-France. La mise en place d’un portail interactif pour les usagers et la création d’un formulaire de demande en ligne pour la fin 2018 ne pourra pas à elle seule régler tous les problèmes. La déshumanisation des procédures, dont les ravages se font sentir dans tant de services publics, risque au contraire de déstabiliser encore un peu plus des populations déjà fragilisées.

La MDPH du Nord a besoin d’être soutenue pour pouvoir assurer ses missions dans de bonnes conditions. Ce qui est loin d’être le cas, comme la situation de crise actuelle le démontre clairement. Signée en 2005, la convention qui définit le nombre de postes a depuis été revue à la hausse par le Département du Nord, mais pas par l’Etat.

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