Question orale au gouvernement mercredi 5 juillet 2017

FABIEN ROUSSEL

Question orale au gouvernement
mercredi 5 juillet 2017

Monsieur le Premier Ministre,

La région des Haut-de-France cumule depuis de trop nombreuses années de tristes records : en matière de chômage, d’espérance de vie, de santé… Sur les six millions d’habitants de cette région, qui est aussi celle du Président de la République et du Ministre des comptes publics, un million vit sous le seuil de pauvreté. Près de 100 000 jeunes sont au chômage.

Alors que notre niveau de vie est un des plus bas de France, notre pouvoir d’achat risque encore de fondre avec les annonces du gel du point d’indice pour les fonctionnaires, ou avec la hausse de la CSG pour les retraités.

L’industrie, qui est aussi notre fierté, n’est pas protégée. Nous perdons tous les ans des emplois et savoirs faire comme avec les Whirlpool ou les Goodyear.

Il en va de même pour nos agriculteurs, asphyxiés par la concurrence et la bureaucratie.
Nos services publics sont sous dotés ou disparaissent. Les communes rurales en souffrent.
Nous avons le sentiment d’être abandonnés, d’être les grands oubliés de la République.

Pourtant, nous avons tant d’atouts, de compétences et il y a tant de force, de courage et d’énergie chez tous ceux qui travaillent mais aussi chez tous ceux qui rêvent d’un CDI et d’une vie digne.

Le Pape François a récemment déclaré « il n’y a pas de vie digne pour tous, sans travail pour tous ».

Monsieur le Premier ministre,
nous avons besoin d’un plan d’urgence pour redonner des moyens à nos services publics et rattraper nos retards, pour développer notre industrie et apporter des commandes à nos PME, pour redonner confiance à nos jeunes.

Quelles mesures d’urgence, exceptionnelles, comptez-vous prendre pour que les habitants des Hauts-de-France se sentent enfin respectés et pour qu’ils puissent tous vivre dignement ?

Réponse du ministre : 

M. Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires. Monsieur le député, vous avez exprimé avec fermeté et dignité la souffrance, parfois la désespérance de certains de nos concitoyens et de certains territoires. Sachez que le Gouvernement de la République respecte et respectera l’ensemble des citoyens et des territoires de la nation.

Si le Président de la République et le Premier ministre ont tenu à ce qu’il y ait un ministère de la cohésion des territoires, ce n’est pas pour rien. Je sais, aussi bien que d’autres, si ce n’est mieux, les cris de nombre de territoires qui ont le sentiment, depuis des décennies, d’être oubliés. Nous allons donc mener une politique volontariste en la matière, afin de rétablir un équilibre.

Rétablir un équilibre, ce n’est pas abaisser les autres ; c’est rappeler – et je m’adresse à tous les députés ici présents – qu’il est nécessaire qu’il y ait de la solidarité entre les territoires. 

L’État va reprendre son rôle d’État stratège, et il le fera en collaboration avec les collectivités territoriales. Une conférence nationale des territoires sera réunie ; elle sera l’occasion de faire un bilan de ce qui existe, des problèmes que l’on rencontre et de prendre un certain nombre de décisions, ensemble, avec les collectivités territoriales, afin de rétablir cet équilibre indispensable au développement de la République et de la nation.

J’ai entendu cette désespérance et cette souffrance. Nous allons y travailler ensemble, et je suis sûr que nous avancerons ensemble.

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