Le suicide à l’hôpital denaisien doit appeler à engager une vaste réforme du système de soins publics

Madame la Ministre,

Le 10 janvier dernier, un infirmier du Centre hospitalier de Denain a mis fin à ses jours quelques heures après un entretien avec sa hiérarchie.

Cet événement tragique n’est malheureusement pas un cas isolé, puisqu’un autre personnel soignant du même établissement avait tenté de se suicider, quelques semaines plus tôt.

Ces faits d’une extrême gravité révèlent le profond mal-être, voire la détresse des agents hospitaliers.

Soumis à une logique de rentabilité érigée en priorité, ceux-ci subissent une pression accrue due aux cadences imposées par leur direction.

Multiplication des heures supplémentaires, rappel durant les repos, rythmes de service effrénés… les personnels hospitaliers accumulent fatigue physique et nerveuse, parfois jusqu’à l’épuisement.

En outre, ils sont directement confrontés à la violence de certains usagers. Mécontente des délais de prise en charge qui s’allongent faute d’effectifs suffisants, une partie du public se montre en effet de plus en plus agressive vis à vis des soignants.

Comme dans bien d’autres établissements hospitaliers en France, le personnel du Centre hospitalier de Denain doit ainsi faire face à une situation de plus en plus intenable.

Le suicide de l’infirmier de l’hôpital denaisien doit appeler à engager une vaste réforme du système de soins publics, libérée du primat de la rentabilité et fondée sur l’ambition d’assurer au public un service de haute qualité.

Sauf à admettre que de nouvelles tragédies se produisent dans les établissements de santé, la première des urgences est de renforcer les capacités de soins de l’hôpital public, en augmentant les effectifs de personnel à hauteur des besoins des populations.

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