Ma question au gouvernement du jeudi 19 mars, à l’Assemblée nationale

« Monsieur le Premier ministre

Le monde du travail est en première ligne.

Il y a d’abord toutes celles et ceux qui assument des activités essentielles au bon fonctionnement de notre pays. Nous pensons bien sûr à tous les soignants, auxquels la nation exprime une infinie reconnaissance.

Mais il y a aussi tous les autres : les auxiliaires de vie auprès des personnes âgées, ceux qui vivent au quotidien auprès des personnes handicapées, les policiers, les gendarmes, les pompiers ou encore les personnels pénitentiaires… Ils sont ainsi des dizaines de milliers, forcément au contact d’autres personnes, qui font un travail admirable mais qui ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas faire garder leurs enfants. Pourquoi n’ont-ils pas de masque, de gel et de gants ?

Il y a aussi toutes celles et ceux qui, dans le privé comme dans le public, nous permettent de continuer à vivre du mieux possible : que ce soient les enseignants, les fonctionnaires, les caissières, les livreurs ou les postiers, tous sont indispensables, mais eux aussi se sentent oubliés car ils n’ont pas de protection et ils doivent faire valoir leur droit de retrait quand leur direction les met en danger, comme chez Amazon.

Il y a tous ces travailleurs qui ont peur d’être licenciés. Interdisez les licenciements dans cette période au moins.

Et puis il y a ceux qui se demandent pourquoi ils doivent aller travailler, au péril de leur santé, dans des secteurs non essentiels, dans le bâtiment, pour produire des rétroviseurs dans le Grand Est, des paquebots à Saint-Nazaire ou encore des trains à Valenciennes. Il y a ceux, comme les travailleurs des ports, qui demandent à ce que leur activité se concentre sur le strict nécessaire. Sans règle claire, des entreprises non indispensables continuent de tourner. Il ne peut pas y avoir d’un côté un confinement total et de l’autre des salariés qui prennent les transports pour aller au travail et se regroupent dans leur entreprise.

Monsieur le ministre

Celles et ceux qui sont au front sont toujours les mêmes. Que comptez vous faire pour les protéger ?« 

Une première victoire. A la suite de cette intervention à l’Assemblée, dans le sillage de la grève et des actions de la CGT, le chantier naval de Saint-Nazaire a été fermé vendredi, pour une durée de quinze jours.